Les effets thérapeutiques de la créatine : lutter contre la dystrophie musculaire

La créatine est très populaire dans les milieux sportifs, en particulier auprès des amateurs de bodybuilding. Cependant, les effets bénéfiques de ce produit ne se limitent pas à la prise de masse. Pendant des années, la créatine a été employée pour traiter les cas complexes de dystrophie musculaire, et elle était considérée comme un médicament à part entière, prescrit sur ordonnance expresse d’un praticien.

Aujourd’hui encore, la communauté scientifique s’intéresse de très près aux vertus médicinales et thérapeutiques de la créatine. Mais avant d’être considérée comme la solution miracle pour les amateurs de musculation, cet acide aminé a été testé avec succès sur les malades atteints de dystrophie musculaire. La dystrophie musculaire est une maladie dégénérative dont l’un des symptômes principaux est la faiblesse et l’atrophie progressive du muscle. On la connaît aussi sous le nom de dystrophie musculaire de Duchenne ; de Becker ; ou dystrophie musculaire facio-scapulo-humérale. Tous ces noms désignent en fait un groupe de maladies qui attaquent les muscles des bras, des jambes, du visage ou du cœur, les empêchant progressivement de fonctionner normalement. Elle ne touche qu’une personne sur 50 000 en Europe, mais peut avoir des conséquences très graves sur la vie des personnes affectées.

Des recherches indiquent qu’il est possible de diagnostiquer la maladie en examinant le sang des personnes qui souffrent de douleurs musculaires. Très souvent, un taux anormalement élevé de créatine kinase (CPK) constitue la preuve d’une forme de dystrophie musculaire. Cette présence d’acides riches en créatine a poussé des médecins à penser qu’en supplémentant l’organisme avec de la créatine pure, on pouvait diminuer le taux de CPK dans le sang, et inverser le processus d’évolution de la maladie. Au cours des années 50 donc, la créatine synthétique a été utilisée sur plusieurs patients atteints de cette maladie, avec plus ou moins de succès.

Si la créatine a aidé dans quelques cas, il faut reconnaître que les causes et les types de dystrophie sont parfois très complexes, au point qu’un seul traitement à base de créatine n’est pas toujours suffisant. Il s’agit dans 90% des cas d’une maladie génétique, et les moyens de traitement doivent souvent inclure la physiothérapie et l’exercice. Il reste que dans certains cas, la créatine s’est révélée être le médicament idéal pour ce type d’affections.

D’ailleurs, quelques praticiens pensent aujourd’hui encore que la créatine pourrait aider à traiter d’autres cas de dystrophie, grâce au processus de recyclage de l’ATP qui régénère les molécules énergétiques du corps humain. Ses effets bénéfiques sur les pathologies qui affectent le système nerveux mettent en évidence le rôle jusque là ignoré de la créatine kinase. Cet acide apporte à l’organisme le supplément d’acide phosphorique qui permet au corps de constituer ses réserves en énergie, et procure plus de force aux malades qui souffrent de mobilité réduite. Des protocoles de traitement plus rigoureux ont remplacé la créatine avec le temps, mais elle est toujours prise en compte dans le cadre de certains traitements de dystrophie musculaire.